Viens voir les comédiens, les musiciens…

Au cœur de la tourmente causée par la pandémie, comédiens-musiciens et magiciens résistent et imaginent. Une sélection de propositions régulièrement actualisée (en gras, les éléments nouvellement intégrés). Des initiatives, créations et manifestations que Chantiers de culture soutient et promeut. Yonnel Liégeois

 

– Du 23 au 31/10, se déroule une Semaine d’art en Avignon ! En référence au premier nom donné en 1947 par le Maire Georges Pons et Jean Vilar à l’événement qui allait devenir le Festival d’Avignon, sept spectacles seront présentés dans une dizaine de lieux d’Avignon et ses alentours. Un retour aux origines à l’heure où l’épidémie a réduit à néant la 74e édition… Avec deux spectacles que Chantiers de culture recommande plus particulièrement à ses lecteurs : Traces, discours aux nations africaines de Felwine Sarr, interprété par Étienne Minoungou et Le Jeu des ombres de Valère Novarina, mis en  scène par Jean Bellorini.

– Du 27/10 au 06/11, Simon Delétang, le directeur du Théâtre du Peuple de Bussang, reprend sa randonnée dans les Vosges : toujours en compagnie de Lenz, le texte de Georg Büchner. Pour offrir, de village en village, sa carte de visite poétique. « Aller à la rencontre des habitants au rythme de la marche est une manière de revenir aux intuitions de Maurice Pottecher, le fondateur du Théâtre du Peuple, qui disait en substance que l’art se ressource au contact de la nature », souligne le comédien.

– Jusqu’au 31/10, au Studio de la Comédie Française, Christian Gonon rend un hommage théâtral à Jack Ralite, ministre et député, sénateur et maire d’Aubervilliers. En adaptant l’ouvrage de Karelle Ménine, La pensée, la poésie et le politique (Dialogue avec Jack Ralite). Un recueil qui réunit entretiens, textes et prises de parole en public de l’élu communiste passionné de théâtre, disparu en 2017, qui œuvra sans relâche pour une culture ferment de la cohésion sociale. « Dire les mots de Jack Ralite est une résistance à tous les renoncements : culturel, politique, poétique », témoigne le comédien, « je me glisse dans sa pensée comme dans un habit de lumière. À chaque carrefour je croise Aragon, Char, Hugo, Vilar, Saint-John Perse, Baudelaire… ».

– Jusqu’au 01/11, la Cinémathèque française rend hommage à Luis Bunuel. Une rétrospective consacrée au maître espagnol en dix films, du Chien andalou au Charme discret de la bourgeoisie… Avec son compère et ami scénariste Jean-Claude Carrière, entre projections et conférences-débats, la (re)découverte d’un créateur pour qui le cinéma était « un poétique passe-temps » !

– Du 01 au 29/11, la plasticienne Diane Latrille expose ses œuvres à la galerie Griffe d’artiste du  Raincy (93). Dessinatrice, peintre et graveuse, elle avoue une réelle fascination pour la période de la Renaissance. Son imagination créatrice l’amène à explorer une multitude de domaines, tels que le dessin au fusain ou à la plume, la gravure, le monotype, le collage et les techniques mixtes.

– Du 06 au 17/11, se déroule à Noisy-le-Sec (93) la 9ème édition du Festival du film franco-arabe. Avec 27 long-métrages, dont 14 avant-premières et 6 inédits, une occasion unique de découvrir les productions cinématographiques les plus actuelles des cinéastes originaires des pays arabes et ceux, français, qui ont une part importante de leur parcours lié à ces régions du monde. Une manifestation parrainée par Costa-Gravas, en présence de la réalisatrice et comédienne Lina Soualem.

– Du 10/11 au 22/12, au théâtre de L’Œuvre (75), l’auteure Tania de Montaigne joue son propre texte, Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin. L’histoire de cette jeune afro-américaine qui, la première en 1955, refuse de céder sa place de bus à un homme blanc… Dans la mise en scène ingénieuse de Stéphane Foenkinos, émouvante sous la colère contenue, la douceur de l’interprétation au service de la force des convictions.

– Jusqu’au 09/01/21, la BFM de Limoges (la bibliothèque francophone multimédia) se pare des 37 rayures du Zèbre ! Une exposition consacrée au Festival des Francophonies (aujourd’hui décliné en deux épisodes, les Zébrures de printemps et les Zébrures d’automne), de 1984 à 2020 : à travers documents, photos et vidéos, près de quatre décennies à servir et déclamer en paroles et musiques d’une scène à l’autre, d’un continent l’autre, la langue française et ses sœurs francophones.

– Jusqu’au 07/02/21, se déroule le traditionnel Festival d’Automne. Au menu, théâtre, musique et danse, arts plastiques et cinéma : une riche programmation pluridisciplinaire dans les salles parisiennes ( Chaillot, Cité de la musique, Bouffes du Nord, Odéon…) comme dans les villes de banlieue (Clamart, Ivry, Malakoff, Montreuil, Nanterre, Sartrouville, Vitry…) pour une cinquantaine de manifestations à placer tout en haut de l’affiche !

– Jusqu’au 28/02/21, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme propose une remarquable exposition consacrée à Pierre Dac. Né André Isaac, l’inventeur du biglotron et du schmilblick a nourri la culture française d’un extraordinaire arsenal humoristique ! Fondateur de l’hebdomadaire L’Os à moelle, résistant de la première heure et franc-maçon, il est l’inoubliable compère de Francis Blanche sous les traits de « Sâr Rabindranath Duval » et dans le feuilleton radiophonique Signé Furax. Une exposition qui éclaire la créativité de Pierre Dac et replace son œuvre parmi celles des maîtres de l’absurde (Beckett, Ionesco, Dubillard…).

 

À savoir aussi :

– Né sous François Ier en 1530, l’emblématique Collège de France  vous invite à explorer gratuitement plus de 10 000 documents audiovisuels (leçons inaugurales, cours annuels des professeurs, entretiens filmés…). Sur Chantiers de culture en 2016, notre consœur Amélie Meffre suggérait déjà d’aller butiner dans cette incroyable caverne aux trésors qu’est le Collège de France !

– Haute de 24 mètres, rénovée par le département des Hauts-de-Seine, la Tour aux figures signée Jean Dubuffet a retrouvé ses couleurs ! Trônant dans le parc de l’Île Saint-Germain, classée monument historique, elle s’offre à la visite chaque week-end… Pour amateurs aguerris, tel un sentier de montagne escarpé aux marches inégales, une ascension intérieure de 117 mètres ! Et au sommet, admirer le paysage à perte de vue avant de poursuivre la balade à la découverte des jardins à thème.

– Jusqu’au 07/11, le numéro d’Envoyé Spécial en date du 08/10 est disponible sur le site de France TV. L’émission rend hommage à Marcel Trillat, notre confrère disparu récemment. Une grande figure du service public radio-télévisé : un symbole du journalisme engagé et enraciné, intègre dans son regard et son propos. Auteur de plusieurs reportages pour Envoyé spécial dans les années 1990,il fit ses armes à l’ORTF en 1965 à l’emblématique magazine « Cinq colonnes à la une ».

– Créée durant la période du confinement, la collection Tracts de Gallimard poursuit ses publications. Des textes courts, incisifs, à petit prix, signés de spécialistes reconnus en leur domaine : arts, philosophie, sciences, sociologie, lettres, médecine… Le prochain numéro à paraître ? Le Temps présent du cinéma, par Olivier Assayas.

– Le documentaire, Décolonisations : du sang et des larmes, est disponible sur le site de France TV jusqu’au 05/12. Réalisés à partir d’images d’archives en grande partie inédites et mises en couleur, ces deux films donnent la parole aux témoins, acteurs et victimes de cette page douloureuse de l’histoire de France. Du Sénégal à l’Indochine en passant par Madagascar,l’Algérie, le Maroc, le Cameroun et la Côte d’Ivoire, le voile est levé.

– Désormais, se dresse sur la pelouse de la Cartoucherie, La Chaise Vide de la Liberté : haute de trois mètres, une sculpture de Wang Keping dédiée à Liu Xiaobo. Arrêté en 2008, condamné en 2009 à onze ans de réclusion pour avoir participé à la rédaction de la « Charte 08 », le poète et écrivain chinois est mort en détention le 13 juillet 2017. En 2010, il n’est pas autorisé à se rendre à Oslo pour recevoir le Prix Nobel de la Paix qui lui est décerné. L’œuvre représente la chaise vide devant laquelle fut délivré le prix en l’absence de son lauréat.

– Jusqu’au 31/01/21, le musée de l’Histoire Vivante de Montreuil (93) se projette « Aux alentours du Congrès de Tours ». Il y a cent ans, le 25 décembre 1920, s’ouvrait à Tours, le XVIIIe congrès de la Section Française de l’Internationale Ouvrière. Qui décidait que leur parti devait adhérer à l’Internationale Communiste, créée un an plus tôt à Moscou : c’est la naissance du Parti communiste français. Une scission irrémédiable de la gauche politique et du mouvement ouvrier en France qui marquera l’histoire du XXe siècle. Une exposition qui propose des repères historiques dans une forme accessible à tous, avec des textes courts et une riche iconographie.

 

 

 

 

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