Lettre à mes fils bien-aimés

Mes bien chers fils,

Si je vous écris au petit jour, c’est que j’en ai gros sur la patate. Non pas que vous ayez dévasté le frigo ou mis la baraque sans dessus dessous. Non, rassurez-vous, les foudres de votre daronne n’ont aucune cause ménagère. Elles devraient être provoquées par de nouveaux miasmes qui nous attaquent, alors qu’elles prennent leur principale source dans l’océan d’irresponsabilité politique qui abreuve un paquet d’élus.

Sachez qu’ils tentent de récupérer un nouveau virus pour mieux vous bâillonner et vous mettre à genoux en voulant nous faire croire que vous êtes responsables de tous les maux de la Terre : trop fêtards, trop pétards, trop rigolards, trop gueulards, trop viandards… Mes pauvres enfants, vous voilà affublés de tous les vices qui ne sont que des signes de vie. Ne les écoutez pas. Faites bombance sans vergogne.

Surtout n’allez pas croire ces voraces s’ils osent vous traiter de feignasses, ce sont des usines à esclaves. Les chaines ne sont plus en fer mais elles sont tenaces et dangereuses : les scooters et vélos qui zigzaguent et qui se scratchent pour livrer toujours plus vite, les rapidos à gratter comme les tiercés qui affament, les loteries boursières qui les engraissent, les interminables séries qui vous endorment ou les fake news qui cherchent à vous égarer du droit chemin. Celui de la vérité. Brisez ces mensonges avec vos plus belles armes : bombez la grisaille, escaladez les montagnes, rappez à plein poumons, dansez sans entrave et aimez qui vous voudrez.

Et ne vous inquiétez pas mes chéris, les virus meurent toujours quand on s’en charge avec sagesse. Alors, arborez vos masques pleins de classe que je vous ai dénichés, lavez-vous les mains au savon de Marseille, enfilez des capotes parfumées, faites les yeux doux aux passants aimants et un pied de nez aux haineux. Le rire doit toujours triompher de la peur comme l’amour de la haine. Votre maman qui vous chérit par-dessus tout et au-delà. Amélie Meffre

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Classé dans Des mots et des maux, La mêlée d'Amélie, Sur le pavé

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