Fred Vargas, l’intranquille de la plume

Archéozoologue de formation, l’auteure Fred Vargas s’est bâtie une belle notoriété avec ses romans noirs. Qui, pour la plupart, mettent en scène le commissaire Adamsberg. Adaptées au cinéma et à la télévision, de folles histoires à lire ou relire.

En ce Lieu incertain, pour nos corps et nos esprits, il est conseillé de se laisser emporter par  les Vents de Neptune Dans les bois éternels pour échapper à L’armée furieuse et aux Temps glaciaires « covidien » qui brisent nos liens… Et nous laisser attirer dans les lacs, les fleuves, les mares, les puits et les montagnes d’où surgissent les personnages surnaturels, monstrueux et fantastiques, de Fred Vargas.

Lecture boulimique à l’exemple de la lieutenant Froissy qui accumule les réserves alimentaires de qualité dans les placards de la brigade de police pour faire face à tous les confinements possibles. Lecture fantastique dans les contes et les légendes où le climat, l’eau et les vents, les bruits et les odeurs se mêlent aux gens, aux animaux, aux rochers et à la terre pour débusquer le virus et le vaincre. Folles histoires qui nous empêchent, à la différence du lieutenant Violette Retancourt, de dormir debout, assis ou couché. Lire, quel que soit le lieu ou la position, prendre son temps comme Adamsberg : on se demande comment il a pu passer les concours pour devenir commissaire de police !

Aucun personnage, pas la moindre histoire, ne sont crédibles. Tout devient pourtant vrai après avoir vu et écouté le commandant Danglard, bien installé dans la chaufferie du commissariat du XVIIIème arrondissement de Paris, devenu le centre d’un monde ignoble et féérique. On se déplace sans problèmes dans toute la France, on voyage au Canada, en Islande et en Espagne, en agréable compagnie d’enquêteurs, de fugitifs. Même à Chicago pour retrouver un frère perdu ou en Serbie pour découvrir un fils inconnu. Tout se tient, tout est pétri d’humanité, de références historiques et scientifiques, d’ignorances partagées et d’oublis. Un univers de maladroits, mal-élevés, mal dans leur peau en face des dominants, criminels pervertis dont l’arrogance fait qu’ils ne se grattent jamais là où ça fait mal.

L’humanité en péril est un essai. Il nous ramène à la réalité de maintenant et de demain, un travail de lanceur d’alertes scientifiques qui tranche avec l’univers romanesque. Pourtant, le registre de la conscience d’une immense et permanente fragilité rejoint le roman pour nous maintenir éveillé. Il ne faut rien lâcher dans ce combat contre l’invisible, le non-dit, les masques de la bienséance que d’aucuns veulent nous faire prendre pour de la bienveillance. Prendre ses rêves pour la réalité bouscule un ordre destructeur aveuglé de puissance et de mépris. Cela vaut bien les bonnes lectures de Vargas pour partager l’imaginaire et faire de la culture un bien essentiel. Raymond Bayer

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Classé dans Cinéma, Documents, essais, Littérature, Sur le pavé

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