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J’ai fait un rêve !

Incroyable mais vrai, j’ai fait un rêve ! Pas aussi médiatisé que celui de Martin Luther King en 1963, pas aussi bien orchestré que celui de Jacques Brel dans La quête de 1968, sa chanson extraite de la comédie musicale « Don Quichotte, l’homme de la Mancha »… Je le reconnais, pour l’heure mon rêve n’a guère eu l’écho et le retentissement auxquels mon inconscient aspirait !

La nuit tombée, la voûte céleste superbement étoilée comme dans les sables de Djanet en plein désert saharien, je survole une planète joviale et chaleureuse. De la porte des usines aux fenêtres des bureaux, hommes et femmes sourient, s’envoient des baisers ou des petits signes de la main. Tous heureux de vivre, fiers de travailler pour le bien commun, je me serais cru revenu au temps du Front Populaire ! Plus de chômage, un salaire et une retraite dignes pour les mères au foyer, les jeunes à l’université, les personnels de santé et les vieux à l’heure du coucher. L’argent n’est plus source de profit pour quelques privilégiés, l’argent est partagé selon les besoins et mérites de chacun. D’aucuns s’en reviennent du théâtre ou du cinéma, la rue est chantante, au rond-point l’ambiance se transforme en Jour de fête ! Le facteur de Tati se fait joyeux luron, c’est écrit en toute lettre, désormais il a le temps de lever la tête du guidon. L’entrée des musées maintenant est gratuite au quotidien, comme les transports en commun. On fait la queue pour aller voir Gauguin, Van Gogh, Soulages ou Picasso, pas pour manger une banane scotchée au mur.

Planant au-dessus des mers, porté par une brise légère, grande est ma surprise : aucun navire poubelle en vue, aucune chaloupe à la dérive ! Baleines et dauphins vaquent tranquillement à leurs amours, l’ouïe en éveil et la queue frétillante, plus de plastique à ingérer… Plus fort encore, nègres et basanés accostent au rivage en toute sérénité, les pieds dans le sable et la tête dans les nuages. Incroyable mais vrai, la planète est redevenue terre d’accueil, elle appartient enfin à tous. Sans frontière ni barrière douanière. Dans le quartier, les repas entre voisins se font légion, la fraternité ne se décrète plus à date programmée, elle se vit toute l’année. Au gré du temps et du vent, selon la disponibilité des gens. Près du lac, au cœur du parc, ce n’est point vraiment les bacchanales, mais ça respire tout de même sacrément bon le coquelicot, le bien-être et la chaleur humaine. En un mot, un déjeuner sur l’herbe à la Manet, version cinématographique selon Renoir… Ce n’est pas pour me déplaire. Comme j’ai une petite faim, j’y fais une petite pause, puis une petite sieste. Là, j’ai comme un trou, noir comme un carré blanc, la décence m’oblige à faire silence. Je me souviens seulement que l’élixir était voluptueux et la chair luxuriante.

On se serait cru dans les vignes du Seigneur ! Sauf que les croyants de toute confession ont rendu les armes pour enfin entendre raison, trop de haine au nom de l’amour d’une divinité, qu’il soit fils de Dieu, enfant de Mahomet, lecteur du Talmud ou témoin de Jehova… L’occident enfin a porté son regard plus loin que le bout de son nez, se tournant vers l’Asie et prêtant l’oreille à Lao-Tseu : « la nature est une insondable chaîne du vivant, les hommes sont semblables devant la mort », avait dit le sage en des temps immémoriaux, cinq siècles avant  la naissance du petit Jésus. Chacun a donc remisé ses convictions à la crèche ou en son for intérieur, souvent malmené le principe de laïcité semble l’avoir emporté, seul importe l’isoloir républicain. Celui où l’on décide ensemble ce que sera le pays demain. Incroyable mais vrai, trois jolis mots sont désormais inscrits au fronton des mairies, l’hôtel de la ville ou la maison commune selon son appellation première : Liberté, Égalité, Fraternité ! Plus d’œil crevé pour avoir osé manifester, plus de longues files d’attente aux soupes populaires, plus de sans-papiers confinés en centre de rétention…

« Rêver un impossible rêve, aimer jusqu’à la déchirure », chante Brel. Fantasme, billevesée ? Non, une utopie en actes dont nos repas de fête, en famille ou entre amis, sont symbolique illustration à l’heure de l’échange de nos vœux de bonheur et d’espérance ! Toutes et tous différents, et pourtant toutes et tous à la même table… Notre planète en parfaite harmonie, une image forte de l’humanité à laquelle nous aspirons pour demain : l’égalité de tous comme aux premières heures de ce temps passé où, ainsi que le conte superbement Éric Vuillard dans 14 juillet (prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour et auteur récemment de La guerre des pauvres), une foule anonyme se fait peuple et se met en marche pour abolir les privilèges, la fraternité entre tous comme aux premières heures de ce temps tragique lorsque Jaurès appelle désespérément ouvriers allemands et français à l’unité pour conjurer ce qui deviendra la grande boucherie de 14-18, la liberté pour tous comme aux premières heures de ce temps présent quand une poignée d’hommes et de femmes de bonne volonté, Israéliens et Palestiniens, bravent les interdits pour échanger des paroles de paix.

Une société humanisée, éclairée : vivement que mon rêve devienne réalité, qu’il s’inscrive en pleine lumière ! Yonnel Liégeois

À chacune et chacun, lecteurs et abonnés des Chantiers de culture, meilleurs vœux pour 2020. Que cette nouvelle année soit pour vous riche de découvertes, de coups de cœur et de coups de colère, de passions et de révoltes en tout domaine : social et artistique, culturel et politique !

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Eisenstein fait de l’œil à Metz

Jusqu’en février 2020, le Centre Pompidou de Metz propose une surprenante exposition sur Sergueî Eisenstein, le réalisateur du Cuirassé Potemkine et d’Yvan le terrible. Un artiste à l’odeur de soufre, un voyage dans le temps entre classicisme académique et art moderne.

 

On peut venir à Metz pour flâner dans son marché de Noël, éclaté dans de multiples endroits sympathiques de la ville. On achète, on mange et boit beaucoup, surtout du vin chaud. Le petit Jésus dans sa crèche franciscaine est très content ! Les magasins sont ouverts tous les dimanches du mois de décembre, les marchés sont hyper-sécurisés et tout va bien puisque qu’on fête aussi St Nicolas et les huit cent ans de la cathédrale. Avec de jolies projections vidéo sur la façade qui fut réaménagée par Guillaume II au temps de la première annexion de la ville par l’Allemagne. Depuis que Metz a été affranchie de la tutelle de Strasbourg, les villes de l’Est se livrent à une très forte concurrence pour les festivités de décembre. Peut être qu’un tour-operator va saisir le filon pour faire St Nicolas et les Marchés de Noël en vingt- quatre heures : départ de Paris, avec arrêt et hébergement aux « folies bergères » rurales et alsaciennes de Kirwiller ? On vit vraiment une époque formidable !

On peut aussi venir à Metz pour une exposition surprenante au Centre Pompidou, « L’œil extatique – Sergueî Eisenstein, cinéaste à la croisée des arts ». Je l’avoue, « l’œil extatique » me pose problème. Je ne sais pas trop ce que cela signifie, je laisse donc chacun à sa définition. Il faut admettre que les textes accompagnant cette présentation remarquable sont très intellectualisés, sans doute pour sortir d’un rapport trop primitif entre l’artiste et le contexte politique dans lequel il a créée ses œuvres. Décoré de l’ordre de Lénine et de Staline, l’artiste, excusez du peu,  sent le souffre. Oser le sortir de l’enfer pour l’exposer au public est un exploit dont il faut féliciter l’équipe de Pompidou-Beaubourg. L’exposition est un voyage dans le temps d’une brève existence, Eisenstein est mort à 50 ans. Qui foisonne de rapprochements avec cette époque voyant naître et se développer ce qu’on appelle « l’art moderne », rompant avec l’esthétisme gratuit et son classicisme académique. Le cinéma devient un art. Il porte des messages, se mettant au service de causes qui ne sont pas toujours perdues. Le cinéma est un langage, qui sera d’ailleurs critiqué par le pouvoir concernant les films d’Eisenstein : il finira sa vie dans un placard institutionnel.

En voyant cette présentation, les souvenirs de nos animations de ciné-club avec Ernest Deiss au centre culturel du quartier cheminots du Sablon me reviennent en mémoire. Octobre, Le Cuirassé Potemkine, Alexandre Nevsky, Yvan le Terrible et Que viva Mexico… Au fil de la déambulation et des projections, on saisit mieux genèse et construction de ces œuvres, la tentative d’établir les liens entre un travail créatif et cette dimension extraordinaire d’une œuvre qui atteint les gens dans leurs têtes et dans leurs cœurs. Cette époque devait accoucher d’un nouveau monde. La gestation est bien longue, l’ancien résiste bien au point d’en rendre malade la planète. En ce même lieu, l’exposition sur l’étonnante Rebecca Horn est aussi à visiter. Raymond Bayer

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Le Mali et Montreuil, une longue histoire

L’affirmation, fort répandue, consacre la ville de Montreuil (93) comme la deuxième capitale du Mali : Bamako-sous-Bois ! Des relations entre la ville et l’ancien Soudan français placées sous le signe de l’humanisme et de la coopération décentralisée… Nées à la fin des années 1950, elles sont permanentes, chaleureuses et fraternelles.

 

L’histoire commence dans les années 1960. Le Soudan français, ainsi qu’on l’appelle alors, englobe l’actuel Mali, le Niger et la Haute-Volta qui deviendra Burkina Faso sur décision du leader panafricain Thomas Sankara. Une entité qui éclate au moment des indépendances. Dès la fin des années 1950, quelques militants syndicalistes et communistes s’étaient rendus dans ce Soudan français pour y apporter leur soutien aux mouvements de la décolonisation et ont noué des liens avec Mobibo Keita, futur père de l’indépendance et premier président de la République malienne. Parmi eux, Marcel Dufriche, conseiller municipal de Montreuil depuis 1959 avant d’en devenir le maire en 1971. Une mécanique va s’engrener autour de Montreuil et de ces militants reçus dans les familles maliennes. Ils n’étaient autre que « les étrangers de dieu », « ils étaient mieux traités que les enfants de la famille », précise Lassana Niakaté, le président de l’Association des Maliens de Montreuil. Et par effet miroir, un Malien attend une attitude identique de la part de celui auquel il est étranger.

L’indépendance acquise en 1960, le Mali requiert une aide au développement. À laquelle la France est disposée en troquant l’équipement du pays contre l’envoi d’une main-d’œuvre dont l’ancienne métropole, prise dans le tourbillon de croissance des « Trente Glorieuses », avait un ardent besoin. Une époque où les cars des constructeurs automobiles français sillonnent le Maroc pour recruter ceux qui seront les « ouvriers spécialisés », au bas de l’échelle salariale, des ateliers de Montbéliard ou de Boulogne-Billancourt. Les premiers arrivants logent dans des caves à Vincennes et balaient les rues de Paris dans la journée. Ce fut le sort de Niama Keita, qui débarqua en France en 1965. À l’époque, on arrivait à Marseille en partant d’Abidjan, à Bordeaux si l’on

Le président malien à Montreuil

avait embarqué à Dakar. Dans l’un et l’autre cas, au tarif de 45 000 francs CFA d’alors, soit 45 € aujourd’hui…

Que ce soit Marseille ou Bordeaux, la destination finale ne pouvait être que Montreuil ! « Une ville qui était plus connue des Maliens que Paris », se souvient Lassana Niakaté, arrivé au milieu des années 1980 au foyer Bara. Un foyer ouvert en 1968, dont l’état de délabrement fit récemment l’actualité. D’autres furent aménagés dans des entrepôts désertés, au gré de la désindustrialisation de la ville. À destination unique, Montreuil, origine presque unique, Kayes ! Cette ville-département, capitale du Soudan Français à la fin du XIXème siècle avant la désignation de Bamako, est proche du Sénégal. Une proximité qui conduit jeunes et vieux à traverser la frontière pour aller récolter l’arachide sénégalaise et rentrer au pays avec de quoi acquitter l’impôt colonial. « C’était une humiliation pour une famille de ne pas pouvoir payer l’impôt », rappelle Lassana Niakaté. C’est aussi ce qui fit de Dakar un port d’émigration. C’est ainsi que des Maliens, nationalisés sénégalais par une carte d’identité obtenue à bon compte, redeviennent maliens à leur arrivée en France.

Communautarisme accuseront certains, simple respect des traditions séculaires soutiendront d’autres. La vie dans les foyers s’organise selon le principe de solidarité qui prévaut dans les villages : ceux qui n’ont aucun revenu sont les hôtes à table de ceux qui ont les moyens de nourrir la collectivité. Que deviennent ces Maliens, à l’heure de la retraite ? Les célibataires rentrent au pays. Les autres, qui ont fondé un foyer à Montreuil, se sentent immigrés dans leur village. Alain Bradfer

 

Les Maliens à Montreuil

Montreuil, première ville du département de Seine-Saint-Denis par le nombre de ses habitants, s’affiche souvent, non sans fierté, comme la « seconde ville malienne au monde », après Bamako ! D’aucuns la surnomment avec humour « Bamako-sous-Bois »… Montreuil compte en effet une population malienne très importante : de 6 000 à 10 000 personnes selon la mairie, qui estime d’ailleurs que la ville accueille la plus grosse communauté malienne de France. 10 % de la population de la ville est malienne ou d’origine malienne.

Dans cette ville, l’Insee comptait, en 2012, 25,63 % d’immigrés. Sur ses 103 520 habitants, 26 530 étaient ainsi nés à l’étranger. Impossible cependant, avec les statistiques officielles, de confirmer ou d’infirmer la légende urbaine : contrairement aux pays du Maghreb (4752 habitants originaires d’Algérie, 2117 du Maroc et 1645 de la Tunisie), l’Insee ne fait pas le détail des « autres pays d’Afrique » dont sont originaires les immigrés de la ville. Ils étaient en tout cas, en 2012, 8186 Africains à vivre dans la commune de proche banlieue parisienne. Un chiffre plus élevé que pour les autres villes de même taille.

La communauté malienne de France est l’une des plus importantes diasporas d’Afrique noire de l’Hexagone. Elle compte environ 120 000 ressortissants, selon les chiffres relativement constants de l’ambassade du Mali. En Europe, c’est aussi en France que les Maliens sont les plus nombreux. La plupart vivent en région parisienne. À leur arrivée, ils vont généralement gonfler la surpopulation des foyers de travailleurs. Montreuil en compte six sur son territoire.

Le plus connu de ces foyers, en région parisienne, est le foyer Bara de Montreuil. Comme d’autres établissements de ce type, avant fermeture pour rénovation, c’était une véritable ruche humaine. On y trouvait des ateliers de couture, de réparation en tous genres, un lieu de prière, des petits étals de vente de cigarettes, de briquets, de produits de toute nature… Le foyer Bara était aussi, il le reviendra de plus belle au lendemain de sa reconstruction, le cœur politique historique de la diaspora malienne à l’étranger. Président de la République et ministres maliens en visite à Paris manquent rarement l’occasion d’y faire une visite. La diaspora de France, bien plus que celle d’Espagne ou d’Italie, est pour eux un enjeu important en termes d’influence et de transferts d’argent. Yonnel Liégeois

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De Paris à Londres, Music maestro !

L’exposition « Paris-Londres. Music Migrations (1962-1989) » au Musée national de l’histoire de l’immigration nous plonge dans les brassages musicaux et les combats politiques à l’œuvre dans les deux capitales après les décolonisations. Twist, rock, reggae, punk, ska, soul, zouk, R&B, rap… Une immersion salutaire, magistralement rythmée jusqu’en janvier 2020.

 

À l’entrée de l’exposition, « Paris-Londres. Music Migrations (1962-1989) », une vidéo nous accueille nous montrant des Jamaïcains dansant sur « This is ska », extraite d’une émission de la BBC de 1964. Un panneau nous rappellera qu’ils sont issus de la « génération Windrush », du nom du navire qui relia Kingston (Jamaïque) à Tilbury (Royaume-Uni), le 21 juin 1948, registre des passagers à l’appui. Ce premier flux migratoire amorce la longue décolonisation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qui va marquer les capitales britannique et française autant artistiquement que politiquement. Du début des années 1960 avec les indépendances de l’Algérie (5 juillet 1962) et des Caraïbes – la Jamaïque (6 août 1962) et Trinidad (31 août 1962) – à la fin des années 1980, on visite trois décennies de l’histoire musicale des deux villes.

Du twist au raï

Quand la jeunesse des années 1960 s’affirme et s’enflamme pour les Beatles ou Johnny Hallyday, des artistes issus des anciennes colonies prennent part au mouvement. En pleines heures chaudes du Golf Drouot ou du concert de la Nation de juin 1963, on découvre leur présence. En arrière-fond, est diffusé le tube « Sept heures du matin » de la Tunisienne Jacqueline Taïeb quand, grâce à de mini juke-box, on écoute au casque les morceaux de Vic Laurens et les Vautours (« Laissez-nous twister ») ou de Malika (« Ya ya twist »). Ces jeunes maghrébins, familiarisés avec la culture américaine, via les bases militaires où circulent les 45 Tours, twistent et dénoncent parfois déjà le racisme, à l’instar de Vigon et de son « Petit ange noir ». On s’immerge encore dans les grandes heures des cabarets orientaux, lieux de création et de collaboration artistique. On croise Cheikha Rimitti, chanteuse algérienne considérée comme la « mère » du raï moderne, Dahmane el Harrachi, auteur-compositeur et chanteur de musique chaâbi ou Noura, qui obtient en 1971 un Disque d’or pour ses ventes de disques en France. Au passage, on aperçoit le Cinématic 50, sorte de grand juke-box surmonté d’un écran qui diffusait les ancêtres des vidéoclips, présent dans les cafés fréquentés par les immigrés.

Happés par le tube « My Boy Lollipop », portés par Millie Small, une ado jamaïcaine qui propulse le ska sur la scène internationale, nous poursuivons la visite. Halte dans le studio qui diffuse sur grand écran une séquence de l’enregistrement de « The Harder They Come » avec Jimmy Cliff au moment de la naissance du reggae. Là, on peut admirer les créations d’artistes contemporains autour du thème de la musique comme la géniale série de batteries miniatures de la Danoise Rose Eken ou le bouquet de tubas, saxos et trombones coupés d’Arman.

La musique comme étendard

Difficile de détailler toutes les facettes du parcours, tant elles sont nombreuses, lequel ne va pas manquer de se corser. La présence de ces immigrés n’est pas que festive, elle devient revendicatrice. Dès les années 1950, les familles originaires des Caraïbes sont prises à partie dans le quartier londonien de Notting Hill. En réaction, la communauté crée un carnaval en 1966 qui deviendra une institution, donnant lieu à des affrontements avec la police. Ne pas manquer de visionner le film d’Isaac Julian « Territories » qui se penche sur l’histoire du rassemblement. Alors que les discours racistes se multiplient – y compris de la part d’Eric Clapton (!) – et que le National Front grimpe aux différentes élections, des concerts sous la bannière Rock Against Racism sont organisés, auxquels participent des musiciens anglais comme The Clash. Vidéos, musiques, coupures de journaux nous replongent dans l’époque où résonne le morceau « Police on my back » des Equals.

Le même phénomène apparaît en France. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, face à la multiplication des actes racistes et aux succès du Front national, la riposte s’organise notamment dans les banlieues. La musique rock sert d’étendard et le réseau Rock Against Police organise des concerts au milieu des cités, précédant la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, que l’on nommera Marche des Beurs, accueillie à Paris par 100 000 personnes. Nous reviennent à la mémoire, et dans les casques, les morceaux de Carte de séjour avec Rachid Taha mais aussi des Bérurier Noir.

Twist, rock, reggae, punk, ska, soul, zouk, R&B, rap, la playlist de l’exposition est incroyablement riche. Accompagnée de quelque 600 documents et œuvres d’art liés à la musique : instruments, costumes, photos, affiches de concerts, vidéos, pochettes de disques, fanzines… Une géniale rétrospective qui vous file la frite ! Amélie Meffre

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Simon Abkarian touche le fond

Jusqu’au 03/11, au Théâtre du Soleil à la Cartoucherie (75), Simon Abkarian propose Électre des bas-fonds. Une nouvelle version de la tragique histoire d’Électre et Oreste, sœur et frère à la main vengeresse. Palpitante, brillante et superbement parlante pour l’aujourd’hui.

 

Simon Abkarian n’a pas froid aux yeux. Avec Électre des bas-fonds, il met ses pas dans ceux des grands ancêtres : Euripide, Sophocle et surtout Eschyle. De ce dernier, il emprunte le squelette de l’Orestie, pour lui redonner chair à l’aune contemporaine avec le concours de vingt-deux interprètes survitaminés, qu’épaulent trois musiciens. Électre (Aurore Frémont), princesse devenue souillon, bien que mariée par force à Sparos, gardien de nuit pittoresque (dans le rôle, Abkarian s’en donne à cœur joie), demeure la vierge vengeresse de la tradition. Elle rêve de tuer sa mère, Clytemnestre (Catherine Schaub), qui a liquidé à grands coups de hache son époux

Co Antoine Agoudjian

Agamemnon, avec la complicité de son amant Égisthe (Olivier Mansard), maquereau de bonne famille.

Le choeur est constitué de Troyennes réduites en esclavage prostitutionnel par les Grecs vainqueurs d’une fameuse guerre interminable. Oreste (Assaâd Bouab), frère aîné d’Hamlet, flanqué de Pylade (en alternance Eliot Maurel et Victor Fradet), revient au pays déguisé en fille. Va-t-il occire sa mère, laquelle justifie le meurtre d’un père odieux qui n’hésita pas à égorger sa fille Iphigénie, dont est apparu en un éclair le fantôme gracieux… N’en disons pas plus, en demandant pardon pour la grossièreté d’un résumé qui ne prend pas encore le pouls d’un spectacle ô combien brillant. D’une plastique infiniment chatoyante, dans lequel se mêlent hardiment une écriture de pleine maîtrise, les artifices superbement domptés du fard et de la danse, du chant et

Co Antoine Agoudjian

des masques (ne sommes-nous pas au Soleil ?) pour conjurer in fine l’orgueil démesuré à goût de sang, que les Grecs nommaient l’hubris.

Eschyle, pour ce faire, passait par les dieux. Simon Abkarian, lui, quand bien même il les cite, invente une fable à l’issue laïque, en somme. Il ne recule pas devant le grand spectacle (magnifique est le premier ballet des putains en tutu aux gestes d’Orient). Il « shakespearise » à l’envi, pétrit le sublime avec le grotesque tel un potier aguerri, donne chance à chaque personnage d’affirmer son point de vue. Exemplaire, en ce sens, est la figure de Chrysothémis, la sœur réputée docile, soudain rebelle après avoir subi un viol. Ainsi, la toile de fond archaïque, dûment repeinte d’une main sûre, est tournée vers nous sous un autre angle, tant de siècles plus tard. Jean-Pierre Léonardini

Le texte est disponible chez Actes Sud-Papiers (108 p., 15 €)

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À lire ou relire, chapitre cinq

En ces jours d’été, Chantiers de culture vous propose sa sélection de livres. De Pierre Lemaitre à Sigriour Hagalin Björnsdottir, de Léon Arditti à Véronique Mougin, de Barnabé Laye à Philippe Gitton. Pour, au final, plonger dans la saga de Roslund/Hellström ou déguster le dernier opus du regretté Andrea Camilleri… Bonne lecture !

 

Couronné du prix Goncourt en 2013 pour Au revoir là-haut, Pierre Lemaître poursuit sa saga de l’après-guerre avec la publication du deuxième volet de sa trilogie. Couleurs de l’incendie s’ouvre en cette année 1927 par les funérailles de Marcel Péricourt, le puissant patron d’un immense empire financier. La bourgeoisie d’alors, comme à son habitude au lendemain de toute catastrophe nationale, a su tirer profit du conflit de 14-18, accumuler les intérêts de l’effort de guerre et faire fructifier la manne financière de la reconstruction… Édouard le fils s’étant suicidé dans le tome précédent, c’est donc sa sœur Madeleine qui hérite du magot. Une situation originale, déjà, dans le contexte d’alors : une femme à la tête d’une grosse banque ! Le second intérêt de ce roman fleuve ? Outre une intrigue à rebondissements menée de main de maître, la chute et la re-naissance de l’héritière (Lemaître n’a point abandonné son coup de plume affiné dans l’exercice du roman noir), avec la justesse historique qu’il sied en pareilles circonstances il nous place avec ravissement et talent aux premières loges de la crise financière de 1929 et dans les premières lueurs de l’incendie qui va bientôt embraser l’Europe. Boursicotage, évasion fiscale, magouilles politiciennes et presse aux ordres, l’histoire bégaye à défaut de se répéter. Plus qu’un gros roman de plus de 600 pages, un grand roman à l’écriture flamboyante.

Et il est encore question de crise et d’incendie humanitaire dans L’île, le premier roman de la journaliste islandaise Sigriour Hagalin Björnsdottir !  Une catastrophe inattendue à l’heure où l’Islande se retrouve coupée et isolée de toute communication extérieure, internet-radio-téléphone-télévision… Comment vivre, et surtout survivre, dans un pays dépendant désormais de ses seules ressources et capacités ? Comment assurer le quotidien d’une population livrée à elle-même ? Un climat angoissant auquel tente de répondre un gouvernement de crise qui glisse progressivement vers une politique d’exclusion et d’apartheid : préférence nationale, chasse à l’étranger, milices privées et sélection dans l’approvisionnement… Un roman de politique-fiction où fraternité et solidarité sont mises à mal, où la haine l’emporte sur l’amour de l’autre, où les instincts les plus bas sèment la terreur et la mort. Une parabole angoissante sur l’avenir de l’humanité, d’un petit fjord à notre grande planète.

 

Des cinq membres d’une même famille embarqués eux-aussi dans une innommable catastrophe humanitaire, la plus terrifiante du siècle dernier, seuls deux survivront. Deux frères, Oscar et Léon, déportés au camp de la mort d’Auschwitz… Hôtel Excelsior, Nice, en ce 13 décembre 1943 il ne fait pas bon d’être juif ! De cette date jusqu’à ce 11 avril 1945 où un soldat américain lui offre la cigarette de la liberté, non sans détails sur les horreurs quotidiennes, Léon Arditti conte avec pudeur l’impérieuse nécessité qui l’anime de rester homme au cœur de l’inhumanité absolue. Vouloir vivre s’impose comme un incontournable témoignage sur la capacité de chacune et chacun à résister à une barbarie sans nom lorsque les fumées des chambre à gaz noircissent le ciel et que pendent aux cordes sur la place du camp les corps des condamnés du jour… Le retour d’un voyage en enfer qui, paradoxalement, ravive une lueur d’espoir pour les générations futures qui refusent de céder aux sirènes de l’obscurantisme et du populisme.

Une histoire vraie à rapprocher de celle de Tomi qui, dans l’enfance, se refuse obstinément à exercer le métier de tailleur, celui de son père ! Dans sa Hongrie natale, gamin, il préfère grimper aux arbres et mater les filles… Jusqu’à ce jour de 1944 où il connaîtra la déportation et l’enfer des camps (Auschwitz, Birkenau, Buchenwald, Dora, Bergen Belsen…) à l’âge de 14 ans. Comment survivre au plus sombre de l’apocalypse ? En se déclarant tailleur à la face des SS, lui qui n’y connaît rien à l’étoffe des héros, et en raccommodant les pyjamas de ses compères déportés… Une vie qui ne tient qu’à un fil, pour devenir à la Libération le grand nom d’une haute maison de couture ! Un parcours presque incroyable que celui de ce jeune cousin d’alors dont Véronique Mougin, une auteure familière aux lecteurs de Chantiers de culture, nous conte l’épopée avec tendresse et humour à l’heure la plus sombre des atrocités ! Où passe l’aiguille ne cultive pas l’esprit de ressentiment, l’auteure nous gratifie d’un roman où l’insouciance et l’espoir s’affichent à chaque page, comme la joie d’être encore vivant longtemps après.

 

Comme l’horreur est la mieux partagée au monde, nous poursuivons notre périple littéraire. Sur un autre continent, l’Afrique, et à une autre époque, au temps de l’esclavage… Nous sommes à la Cour d’Abomey, capitale du Dahomey, sous le règne du jeune roi Guézo. Qui confie au jeune Timothée une mission de la plus haute importance : ramener au pays la reine-mère, vendue comme esclave au Brésil suite à de sombres guerres intestines ! Le chant des cannes à sucre, plus qu’un roman d’aventures, est un hymne à la terre patrie, ses pistes couleur ocre et sa culture ancestrale. Une prise de conscience, en cette année 1822, de l’inanité de l’esclavage qui enrichit les colons européens coulant des jours heureux à Ouidah, ultime étape pour les populations indigènes embarquées en des contrées hostiles, une révélation pour le jeune matelot qui rejette cette économie de l’asservissement au nom de l’amour de sa belle. Au pays natal du vaudou, Barnabé Laye, béninois d’origine, cultive une plume qui caracole de vague en vague avec chatoyance, plongeant son lecteur dans les chaleurs et la torpeur de l’Afrique profonde, une plume aux mille couleurs et senteurs loin de la traditionnelle carte postale.

Des couleurs, senteurs et saveurs dont Philippe Gitton se fait aussi conteur et passeur… Au pas de notre porte, au cœur de ce 18ème arrondissement de Paris dont il a arpenté rues et places durant de longues années ! Du haut de sa tour HLM, il a scruté, noté avec patience et tendresse la vie de ces gens de peu pour qui les mots fraternité et solidarité trouvent toujours sens. Pour publier enfin son premier recueil de nouvelles, À chacun sa croix*, dont les lecteurs de Chantiers de culture avaient reçu quelques primeurs… Un volume de vingt histoires courtes pour donner à voir et entendre le quotidien de cet atypique quartier de Paris, multicolore et multiforme, petit coin de paradis ou d’enfer selon les heures du jour. Un don d’observation de premier ordre, la justesse du trait pour affiner un portrait, la finesse de la plume hors tout effet littéraire, autant de qualités à confirmer lors d’une prochaine publication.

 

Et de quitter le Paris populaire pour plonger à en perdre haleine dans une saga en trois gros volumes dont on ne ressort pas indemne… Au cœur des services secrets suédois, dans les pas de l’agent Piet Hoffmann, l’homme le plus recherché de la planète ! Trois secondes, Trois minutes, Trois heures : trois romans, dont les deux premiers surgis de la plume du duo Roslund/Hellstrom, qui nous content les tribulations d’un homme infiltré dans la mafia polonaise puis colombienne avant qu’au retour du Niger, où il a passé contrat avec un réseau de trafiquants, il découvre soixante-trois réfugiés morts dans un container sur les quais du port de Stockholm. Outre les magouilles, intrigues et chausse-trappes entre services secrets concurrents, cette saga originale a le mérite de nous transporter dans toutes ces contrées maudites, hauts lieux du blanchiment d’argent et de la traite humaine, dont l’actualité rend si peu souvent compte. Une opacité que les auteurs percent au grand jour, des complicités institutionnelles aux pots de vin coutumiers, sous une forme romanesque de belle envolée. Le roman noir de l’été, la saga dont le lecteur, vacancier ou non, ne peut se détacher, sinon de mort violente à cause d’une balle perdue !

Maître du roman noir, père du célèbre commissaire Montalbano dont il a narré les enquêtes en moult ouvrages, mais aussi homme de théâtre et scénariste, l’auteur d’origine sicilienne Andrea Camilleri nous a quittés en ce mois de juillet. Un auteur prolifique dans tous les domaines littéraires, orfèvre en la ciselure d’une intrigue policière ou romanesque, créateur émérite d’une langue qui mêlait avec intelligence et poésie l’italien classique et le parler sicilien de ses origines. Camilleri nous offre à titre posthume Noli me tangere (Ne me touche pas, ndlr), son ultime roman paru en France. Un ouvrage de facture originale, dont nous tairons le secret de composition, qui nous dresse le portrait, aussi émouvant qu’attachant, d’une femme éprise de liberté et fascinée par la fresque de Fra Angelico au titre éponyme. Sous les pas de Laura, mystérieusement disparue mais semant quelques adresses tout au long de son périple, s’égrène une étrange musique entre révolte et nostalgie, douceur d’être et pulsion de mort. Un court roman pour une fulgurante illumination. Yonnel Liégeois

*À commander : Librairie Coeur de Brenne, 4 rue du pont Malientras, 36290 Mézières-en-Brenne. Courriel : karen.mahoudeau@gmail.com

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Laurent Massonnat, la montagne pas à pas

Salarié d’un village vacances de Haute-Savoie, Laurent Massonnat est accompagnateur en moyenne montagne. Orléanais de naissance, il marche toute l’année. Par plaisir et pour sensibiliser le public à un environnement à préserver.

 

Penché sur son sac à dos, Laurent sort un t-shirt. « Pour celles et ceux qui auraient oublié, j’ai des gants et un bonnet. Une polaire de rechange, aussi ». Les lacets resserrés, le groupe d’une quinzaine de personnes quitte le parking, à l’invitation de Laurent Massonnat. Pour emprunter le sentier qui s’élève vers la forêt. Il est 9h30, départ pour le sommet du Môle, l’une des soixante-cinq randonnées que propose Laurent au départ de Samoëns… La lumière rasante du soleil accentue le relief. Elle met en valeur une mosaïque de couleurs composée de rouges, de jaunes et d’ocres orangés. Les hêtres succèdent aux épicéas, les épicéas aux noisetiers. « Ici, c’est un coin à champignons, à girolles grises, à cèpes », indique le guide de moyenne montagne depuis douze ans.

Il se définit comme un naturaliste. « J’aime sensibiliser les gens au milieu de la montagne, à l’habitat, à la flore, à la géologie, à la faune. Hier, je me suis couché avec une image de lagopèdes (ou poules de neige, ndrl). En voir trois, c’est déjà bien. Là, il y en avait douze, avec leur couleur d’hiver, tout blancs ». La pente, régulière, conduit bientôt les marcheurs au Petit Môle. Une courte halte, le temps de se désaltérer, de grignoter des fruits secs, un carré de chocolat. Là-bas, les nuages se sont levés sur la dent du Géant, les Grandes Jorasses, le sommet enneigé du mont Blanc. « Les bâtiments que vous voyez en bas, ce sont des usines de décolletage. C’est la vallée de l’Arve, qui est très liée à l’industrie automobile. Au moment de la crise de 2008, de nombreuses entreprises ont fermé parce qu’elles dépendaient d’un seul client ».

Il est bientôt 11h30, le groupe reprend son ascension vers le sommet. Culminant à 1863 mètres, le Môle offre une vue imprenable sur les massifs environnants. C’est de là que furent effectuées les premières estimations de la hauteur du mont Blanc. Contrairement à beaucoup de ses collègues, Laurent préfère rester derrière. « Si je vois quelqu’un en difficulté, je coupe l’itinéraire pour le rendre plus accessible. Je me porte en tête si le sentier est un peu piégeux. Ma priorité est d’accompagner ceux qui ont un peu de mal. Je leur donne des conseils techniques, je les aide moralement. En randonnée, le mental compte pour 70%. La marche est surtout une question de rythme. Quelqu’un qui ne fait jamais de sport et qui se retrouve dans le rouge, je suis quasiment sûr de pouvoir quand même l’amener au sommet ». Trouver le bon rythme, la bonne posture (pour ne pas couper sa respiration, par exemple…), les bons appuis, font partie des conseils usuels. Comme se munir de bâtons de marche. « Ils permettent d’économiser son énergie dans les montées et de soulager les articulations dans les descentes. Ils ont une autre fonction en cas de problème : avec deux paires de bâtons et deux sacs, on peut improviser un brancard ! Je croise les doigts, jusqu’à présent, ça ne m’est jamais arrivé ».

Laurent marche six jours sur sept, qu’il pleuve, vente ou neige. « Je marche tout le temps, même en vacances. Aussi, je fais attention sur le plan physique. Étant sujet aux tendinites, par exemple, je consomme très peu de produits laitiers et d’alcools ». Lassé, parfois, le montagnard ? « Jamais ! Il n’y a pas deux randonnées, deux individus qui se ressemblent. Ce qui est beau dans la marche, c’est explorer, découvrir. On se retrouve avec soi-même, on partage avec l’autre. Ce sont toujours des moments privilégiés ». Propos recueillis par Jean-Philippe Joseph, photos Daniel Maunoury

 En savoir plus :

Travailleurs indépendants pour la majorité d’entre eux, les accompagnateurs de moyenne montagne doivent être titulaires du diplôme d’État du même nom pour exercer. Ils ne peuvent pas évoluer sur des terrains qui nécessitent des techniques liées à l’alpinisme. Le salaire d’un accompagnateur en CDI est de 1650€, environ. Un travailleur indépendant perçoit de 170 à 270€ par randonnée. Leur syndicat professionnel, le Snam, revendique 2500 membres.

 

La FFRandonnée, un sigle qui marche :

Pour tous les accros de la rando culturelle ou sportive, une seule adresse, la Fédération française de randonnée pédestre ! Qui oriente, conseille et donne les coordonnées des clubs de randonnée, urbaine-champêtre-montagnarde, près de chez vous… Qui publie Passion Rando, un magazine trimestriel, édite de nombreux topos-guide sur les diverses régions de France, y compris la région parisienne : Les environs de Paris à pied, Paris à pied et La ceinture verte d’Ile-de-France. Sans oublier, outil indispensable, le Guide pratique du randonneur !

64 rue du Dessous des Berges, 75013 Paris (Tél. : 01.44.89.93.90) : www.ffrandonnee.fr

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