Le 21 février 1848, Marx et Engels publient le Manifeste du Parti Communiste. Plus qu’un texte théorique, toujours d’actualité, un appel à lutter contre les inégalités sociales. Pour un équitable partage des richesses.

Paraît à Londres le 21 février 1848, le Manifeste du Parti communiste rédigé par Karl Marx et Friedrich Engels à la demande de la Ligue des communistes. Ce court texte, facilement accessible, va devenir l’un des écrits politiques les plus influents de l’histoire contemporaine. Au moment où l’Europe entre en ébullition révolutionnaire, le Manifeste expose une analyse nouvelle : l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. Il décrit le rôle révolutionnaire du prolétariat, critique le capitalisme naissant et appelle les travailleurs de tous les pays à s’unir. À l’heure où l’extrême droite et les forces conservatrices pavanent dans les rues de France et d’ailleurs, il peut être salutaire de relire quelques textes fondamentaux en ces temps troublés et troublants,

Son mot d’ordre final — « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » — traverse les décennies et inspire la formation des partis ouvriers, des syndicats de masse et des grandes révolutions du XXᵉ siècle. Publié à la veille des révolutions de 1848, le Manifeste n’est pas seulement un texte théorique : il est un appel à l’organisation politique du monde du travail et à la transformation radicale de la société. Contre les inégalités sociales, pour un équitable partage des richesses, l’égalité et la fraternité entre citoyens. Yonnel Liégeois
Le manifeste du Parti communiste, Karl Marx et Friedrich Engels (éditions de La Dispute – Les éditions sociales, 140 p., 10€).
Cette nouvelle édition offre toutes les préfaces de Marx et d’Engels publiées de leur vivant, possédant un grand intérêt documentaire, théorique et politique. Ces textes sont présentés par la philosophe Isabelle Garo qui en livre les enjeux théoriques et politiques, avec une préface de l’écrivain Éric Vuillard qui s’intéresse à l’ incroyable charge littéraire du Manifeste.
Le Manifeste, un grand texte émancipateur
« Alors que la domination est pour la première fois sur le point de devenir mondiale, que les inégalités atteignent désormais des niveaux infiniment plus élevés que durant la période féodale, tandis que la concentration du pouvoir entre quelques mains est devenue un motif d’effroi, que partout la vie sociale se fracture entre les nouveaux privilégiés et la masse des gens ordinaires, tandis que les plus grandes entreprises peuvent désormais concurrencer directement les États, à l’heure où la mondialisation plonge l’humanité entière dans les eaux glacées du calcul égoïste, il faut relire le Manifeste, l’un des grands textes émancipateurs de l’Histoire du monde ». Éric Vuillard
Éric Vuillard et Billy the Kid
D’un ouvrage l’autre, Éric Vuillard poursuit son décryptage de la grande Histoire, en s’installant à la table ou dans les salons feutrés de ceux qui en tirent les ficelles, jusque dans les plaines de l’ouest américain. Avec érudition et brio, fouillant les archives, mettant en scène les événements dont ils nous rapportent les dessous au plus près des documents et des personnages… Qu’il s’empare d’un objet historique unanimement reconnu et connu, il en fait énigme et mystère pour son lecteur, le surprenant de page en page pour lui dévoiler la complexité, familiale-clanique-affairiste-sociale, banale ou scandaleuse du sujet qu’il traite.

Hier le sulfureux Congo du roi des Belges ou l’emblématique 14 juillet au temps de la Bastille, le prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour sur l’agenda du régime nazi ou l’émouvante Guerre des pauvres conduite au XVIème siècle en Allemagne, plus récente l’ahurissante Sortie honorable à propos de l’Indochine française et de la débâcle de Diên Biên Phu au printemps 1954. Au-delà du récit documentaire, Vuillard nous plongeait dans les états d’âme des militaires et leurs errances sur le terrain, les trahisons des politiciens et les gains juteux engrangés par les industriels à l’affût du caoutchouc au mépris des recrues envoyées à la mort de manière délibérée. Aujourd’hui, entre mensonges et fantasmes, affabulations et vérités de l’histoire, Éric Vuillard nous conte Les orphelins, la vie tourmentée du légendaire Billy the Kid. Un petit format, toujours un grand livre ! Yonnel Liégeois
Les orphelins, une histoire de Billy the Kid, Éric Vuillard (éditions Actes sud, 167 p., 20€90)





