Marcel Maréchal, un dernier salut

Natif de Lyon, grand serviteur du théâtre public, Marcel Maréchal est décédé à Paris le 11 juin. Durant plus de cinquante ans, des Comédiens du Cothurne aux Tréteaux de France, le  metteur en scène et comédien aura brûlé les planches. Ne cessant de glorifier les poètes.

 

Marcel Maréchal, né à Lyon le jour de Noël 1937, s’est éteint à Paris dans la nuit du 10 au 11 juin. Comédien, metteur en scène, directeur de compagnie, il n’a quasiment jamais cessé de jouer jusqu’à l’an dernier où, au Poche Montparnasse, il donnait lecture de souvenirs de Jean Renoir sur son père Auguste, le peintre.

Dès 1958, il fonde les Comédiens du Cothurne. De 1960 à 1968, il succède à Roger Planchon dans la petite salle de la rue des Marronniers. Il s’y oriente d’emblée vers un théâtre de texte : Synge, Obaldia, Arrabal, Georges Limbour, Beckett, dont Fin de partie qu’il reprendra souvent, et Audiberti, l’un de ses auteurs de prédilection, dont il monte en 1963 Le cavalier seul  et, en 1964, L’opéra du monde. Salué désormais par la critique, après de retentissantes créations de Jean Vauthier (Badadesques et Capitaine Bada) ainsi que de Louis Guilloux (Cripure), il est nommé, de 1968 à 1975, à la tête du Théâtre du Huitième. En 1969, sous la direction de Patrice Chéreau, dans le Dom Juan de Molière il est un formidable Sganarelle. En cette époque faste, on lui doit La paix d’Aristophane, La mort de Danton de Büchner, Roméo et Juliette, Hamlet, la création de L’homme aux sandales de caoutchouc de Kateb Yacine, pièce composée autour de Hô Chi Minh, Le sang de Vauthier où il fait merveille, La moscheta d’après Ruzante et un Capitaine Fracasse endiablé, trois fois remis sur le métier.

À Marseille, après une halte au théâtre du Gymnase, il fonde en 1981 le théâtre de La Criée (deux salles de 300 et 900 places), édifice neuf campé sur l’emplacement de l’ancienne halle au poisson. Lyonnais pur jus, gone authentique, il est accepté par les Marseillais. Il y met du sien, se fait photographier en tenue de joueur de l’OM. Sous la raison sociale de Compagnie Marcel Maréchal, avant et après le statut de théâtre national de région, il cultive à nouveau ses poètes au verbe haut (Vauthier, Guilloux), Molière plusieurs fois, Novarina ( Falstafe, libre adaptation des deux Henry IV de Shakespeare), Graal théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaut, Les trois mousquetaires, etc… Nommé à Paris au théâtre du Rond-Point, de 1985 à 2000, il s’attaquera aux « Coûfontaine », la trilogie de Claudel. Sans emporter le morceau, avant de revenir à ses sûres amours (Audiberti, Vauthier). Carrière bouclée aux Tréteaux de France, à la tête du seul Centre dramatique national ambulant, en tournée dans les « déserts culturels » durant une décennie ! Jusqu’à la relève assurée par Robin Renucci en 2011.

Prodigieux acteur comique au masque de chair mobile, histrion sublime, Marcel Maréchal n’a cessé de glorifier les poètes. Ce qui établit une franche différence avec le théâtre de nos jours. Jean-Pierre Léonardini

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Classé dans La chronique de Léo, Pages d'histoire, Rideau rouge

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