Bodin, de la souffrance au travail

Le 18/11 à 20h, au Théâtre des Halles d’Avignon (84), Jean-Pierre Bodin propose une Entrée en résistance. En compagnie  d’Alexandrine Brisson et de Christophe Dejours, du théâtre d’éveil à visée civique. Pour dénoncer et combattre la souffrance au travail.

Sous le titre de l’Entrée en résistance, on découvre trois personnes, également signataires du texte, de la mise en scène et du jeu : Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson et Christophe Dejours, Jean-Claude Fonkenel et Jean-Louis Hourdin étant crédités au rayon de compagnonnage. C’est du théâtre d’éveil à visée civique et politique qui nous est donné à voir sur la scène dirigée par le grand Alain Timar, dont la lancinante interrogation n’est autre que l’impérieuse nécessité de la réplique collective à imposer aux normes du néolibéralisme, qui régit sans aucune commisération le monde de l’entreprise.

Le chercheur Christophe Dejours, fondateur de la psychodynamique du travail, s’avance à point nommé pour démonter le langage managérial et proposer des consignes propres à s’opposer ensemble à la pression hiérarchique et à l’évaluation individualisée des performances, ce dans le but « de s’inscrire dans un espace de délibération qui permet de faire avancer la pensée » et d’ainsi contrebattre la souffrance au travail, inhérente à une aliénation contemporaine dûment préméditée. Jean-Pierre Bodin, conteur vif et sensible, narre et commente les blessures psychiques subies par un collectif de forestiers accablés par les critères du rendement à tout prix qui défigure la nature dont, sur trois panneaux, défilent des images prégnantes, prises et subtilement montées par Alexandrine Brisson.

Malgré gravité du thème et didactisme souple qui organise la représentation, le tout témoigne d’une rare élégance grâce à l’adjonction, par à-coups, de séquences musicales exécutées par le trio : Dejours au piano, Bodin au saxophone, Alexandrine au violon. Excusez du peu, il s’agit d’œuvres de Bach, Mendelssohn, Schubert auxquelles s’ajoutent, très d’aujourd’hui, des bribes de pièces de Carbon Killer, qui sait boucler toutes les boucles d’un mouvement perpétuel. Il y va donc d’un théâtre d’intervention d’un type relativement nouveau dont l’exposé des motifs, dans un appareil visuel d’une simplicité de bon aloi, touche à la tête et au cœur.

Au théâtre parisien le soir où j’y étais, de spectateurs attentifs la salle était pleine. Pourtant, l’accès n’en était pas aisé à cause de la grève qui a trait à la souffrance à venir par la retraite, s’il n’est pas fait échec à un projet de loi mortifère. N’y avait-il pas là, par la force des choses, quelque apparence d’un rapport de cause à effet ? Jean-Pierre Léonardini

2 Commentaires

Classé dans La chronique de Léo, Rideau rouge

2 réponses à “Bodin, de la souffrance au travail

  1. TESSIER REMI

    Est il envisagé que ce spectacle soit joué en région ?
    Si c’est le cas pour la région nantaise, merci de m’en avertir. Je vois avec le CCP SAINT NAZAIRE

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