José Valverde, un militant du théâtre

Le 17 décembre, nous a quitté José Valverde. Fils d’ouvriers espagnols immigrés, un œuvrier du spectacle vivant à moult facettes : comédien, metteur en scène, auteur et directeur de théâtre. De Drame à Toulon au théâtre de l’Essaïon, via le TGP de Saint-Denis, toute une vie en scène.

Nous apprenons, avec tristesse, la mort, à Paris, le 17 décembre, du comédien, metteur en scène, auteur et directeur de théâtre José Valverde. On n’ignore pas qu’il luttait vaillamment contre le cancer, ce, depuis des années. Il est resté fidèle, jusqu’à son dernier souffle, à son adhésion, à l’âge de 16 ans, au Parti communiste français.

Né à Paris, dans le 10e arrondissement, le 28 juillet 1932, fils d’ouvriers espagnols émigrés de la misère (son père, travaillant en Espagne dans une mine de plomb, dut parfois mendier pour survivre), José entrait à 17 ans à l’École de la rue Blanche avec, entre autres condisciples, les frères Roussillon, Jean-Paul et Jacques, Jean Rochefort, Annie Girardot, Claude Rich, Paul Préboist… Il a été l’assistant de Jean-Marie Serreau et a fait partie, à Tourcoing, de la troupe d’André Reybaz, au Centre dramatique du Nord, qui venait d’ouvrir. Au début des années 1950, il avait joué dans Drame à Toulon, la pièce de Claude Martin et Henri Delmas, écrite autour de la figure d’Henri Martin, le marin communiste, ancien résistant FTP, qui dit non à la guerre d’Indochine et fut condamné pour cela à la prison, lors d’un procès infâme. Dure et juste école, quand la police interrompait les représentations partout en France.

Le souvenir d’un homme affable

José avait commencé à mettre en scène dès 1959. En 1966, succédant à Jacques Roussillon, il est nommé directeur du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis. Il y monte, notamment, les Trente Millions de Gladiator, de Labiche, Mère Courage, de Brecht, Kask, de Hans Günter Michelsen, Hop là, nous vivons !, d’Ernst Toller, la Politique des restes, d’Adamov. Je garde de ces réalisations le souvenir d’une belle exigence esthétique et d’un ferme maintien d’idée. Il s’oriente ensuite vers le désir d’une rencontre plus familière avec le public de Saint-Denis. Il quitte le TGP en 1975 et entame, deux ans plus tard, avec sa compagne Alida Latessa, sa belle aventure à Essaïon, poursuivie jusqu’en 2003. De cette cave médiévale voûtée, sise au 6, rue Pierre-au-Lard, dans le Marais, il fait une sorte de théâtre d’essai permanent à l’échelle intime, où il révèle maints auteurs et comédiens. José Valverde en tenait pour un théâtre où le politique, au grand sens, demeure au fond une affaire d’art.

Constant dans ses choix et ses amitiés, il laisse le souvenir d’un homme affable, dont l’élégance de principes ne fut jamais désavouée, jusque dans l’adversité. Le lundi 27 décembre, à 16 heures, on lui dira adieu au crématorium du Père-Lachaise. Jean-Pierre Léonardini

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Classé dans La chronique de Léo, Rideau rouge

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