Frida, une artiste inclassable

Le 24/01, à Bussang (88), Laurence Cordier présente Frida Kahlo. Dans un décor évoquant un atelier de peinture, deux comédiennes-danseuses s’emparent des écrits de Frida Kahlo pour nous faire découvrir le parcours de l’extraordinaire artiste peintre mexicaine. Un destin brisé par un terrible accident, qui n’entame en rien sa rage de vivre face à la vie et à la mort.

Après avoir travaillé sur des paroles de femmes fortes empêchées dans leur quête d’accomplissement, Frida Kahlo s’est imposée à moi comme une figure puissante de la création féminine. On connaît Frida Kahlo par sa dimension populaire et féministe, la force symbolique de ses peintures, reflets de ses passions et de ses souffrances. On la connaît moins par ses écrits. En découvrant sa correspondance, et surtout le journal qu’elle a tenu les dix dernières années de sa vie, j’ai été bouleversée par l’intimité troublante dans laquelle s’y expriment sa puissance de vie et la poésie de son univers intérieur.

Dans sa correspondance, elle se confie à ses proches comme elle peint ses toiles, avec un regard trivial et acéré, sans complaisance. Elle y dévoile la sensibilité de son rapport au monde, son courage face à l’adversité, sa passion dévorante pour le peintre muraliste Diego Rivera, mais aussi son humour irréductible face à la maladie et la mort. Son journal, lui, est composé comme une œuvre à part entière. Son écriture est puissante et enivrante. En quelques dizaines de pages, elle rassemble, dans une intimité troublante, les fondements d’une mythologie. La question du corps est omniprésente, corps désirant, corps souffrant, corps stérile, corps féminin sublimé à travers la question de l’enfantement artistique.

J’ai accordé une grande place au travail chorégraphique pour rendre compte de la puissance émotionnelle de ses tableaux. Enfermée dans le carcan d’un corps douloureux toute sa vie, Frida transcende ses souffrances dans l’Art en les transformant en sources de création. Avec Paola Cordova et Delphine Cogniard, deux comédiennes-danseuses, le spectacle interroge l’acte de création, quel qu’il soit, pour ce qu’il est avant tout : une furieuse ode à la vie. Laurence Cordier, metteure en scène, compagnie La course folle. Photos Jean-Louis Fernandez

Frida, Laurence Cordier : le 24/01, 19h30 au Casino de Bussang. Théâtre du Peuple, 40 rue du Théâtre du Peuple, 88540 Bussang (Tél. : 03.29.61.50.48). Le 27/03 à Oésia, Notre Dame d’Oé (37).

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