Au Théâtre Public de Montreuil (93), Pauline Bayle présente Mahabharata, une histoire de la violence. L’histoire de deux familles qui, au fil des âges, ne cessent de se combattre et de choisir la mort en héritage. L’emblématique épopée indienne, 250 000 vers, interprétée exclusivement par des comédiennes.

Dès l’extinction des lumières, la grande scène du Théâtre public de Montreuil se transforme en champ de batailles ! Et pour longtemps, entracte compris, trois heures exactement… De génération en génération, pourtant fortes de solides liens de parenté, les familles Kaurava et Pandava ne cessent de s’affronter, de cadavres en cadavres une vengeance à la mort qui s’éternise. Un conflit que relate le Mahabharata, chef d’œuvre littéraire qui a traversé les siècles de bouche à oreille, poème indou de 250 000 vers, l’épopée érigée en mythe ! Les accrocs du festival d’Avignon, comme les ménagères de plus de cinquante ans, s’en souviennent. Lors d’une soirée mémorable en la carrière de Boulbon, les géniaux Peter Brook et Jean-Claude Carrière avaient orchestré un cycle de trois pièces (La partie de dés, l’exil dans la forêt, La guerre) et révélé au public français l’existence de cette œuvre : un événement, une révélation, un monument incontournable au final de neuf heures de spectacle en 1985 !

Pauline Bayle, la directrice du TPM au talent certain et reconnu, n’affiche point semblable ambition. Son projet ? Proposer un texte condensé pour le rendre plus accessible, moderniser la langue pour le rendre plus intelligible, resserrer l’intrigue pour le rendre plus audible. Un triple exercice qui a nourri, avec excellence et réussite, les précédentes créations de la metteure en scène : tant avec son adaptation de l’Iliade et l’Odyssée d’Homère qu’avec les Illusions perdues de Balzac… Pour parvenir à ses fins, entre lumières fantasques et majestueux décors, un impératif : une distribution exclusivement féminine d’une magistrale présence, à rebours du théâtre shakespearien où seuls les hommes avaient le monopole de la scène !

Une « histoire de la violence » qui, au-delà de la justesse dénonciatrice de son propos, nous plonge dans un tourbillon de scènes à répétition qui ne font guère avancer la réflexion. Même en short et baskets, entre rêve et cauchemar, désir et déraison, un défilé de générations guerrières peut faire illusion. Yonnel Liégeois, photos Christophe Raynaud de Lage
Mahabharata/une histoire de la violence, Pauline Bayle : jusqu’au 24/10, du mardi au vendredi à 19h, le samedi à 17h. Théâtre Public de Montreuil, 10 place Jean-Jaurès, 93100 Montreuil (Tél. : 01.48.70.48.90).
Les 26 et 27/11, au Tandem, Douai. Du 16 au 19/12, au Théâtre du Nord, Lille – Tourcoing. Du 06 au 16/01/27, aux Célestins, Lyon. Les 28 et 29/01, au Volcan, Le Havre. Du 03 au 05/02, au Trident, Cherbourg-en-Cotentin. Du 07 au 09/04, à l’Olympia, Tours. Le 13/04, à l’Équinoxe, Châteauroux. Les 20 et 21/04, à L’Azimut, Antony/Châtenay-Malabry. Le 24/04, au Théâtre Louis Aragon, Tremblay.





