Kilt et kebab mettent les voiles !

Tout ça, c’est à cause du Brexit !
Des Écossais, qui refusaient de quitter l’Europe, immigrèrent en masse vers la France. Faute d’argent, de travail, ne parlant pas la langue, ils s’entassèrent bientôt dans les cités insalubres de nos banlieues. Des quartiers entiers, où hier encore il faisait bon vivre, furent désertés par les Français et l’on n’y trouva bientôt plus que des échoppes de panse de brebis farcie. On n’était plus chez nous !
C’est ainsi qu’un matin, mais comment s’en étonner, un enfant se présenta à l’école en kilt ! On avertit le ministre, qui exigeât que l’enfant retire son accoutrement : il s’y refusa. On convoqua les parents : le père vint, il était en kilt. L’enfant fut chassé de l’école mais d’autres élèves suivirent son exemple. Bientôt, le nombre d’Écossais en kilt ne fit qu’amplifier, on en voyait partout !

Sociologues, philosophes et journalistes autoproclamés experts en moeurs et coutumes républicaines, dirent qu’ils y étaient forcés par leurs femmes, à cause de l’aération nécessaire des parties intimes. Les Écossais, fiers de leur tablier ancien et accepté, répondirent que non, qu’ils se kiltaient de leur proche chef en respect de leurs croyances et de leurs traditions. Un petit rappel historique : la première fois que le monstre du Loch Ness apparut, il était vêtu d’un kilt ! On se pencha sur la loi de 1905. Si le texte évoque bien quelques monstres, il ne disait rien de celui-ci.
On aurait pu en rester là, mais les évènements se précipitèrent. On parla de jeunes gens qui avaient été insultés par des Écossaises parce qu’ils avaient voulu garder leur pantalon, on disserta sur cet hôpital où l’on exigeait que les infirmières soient en jupe à carreaux. Jusqu’à ce coup de vent violent qui traversa la France et fit se soulever tout ce qui pouvait l’être…

Alors, de guerre lasse et soucieux avant tout de sa réélection, le président de la République se résigna à interdire le kilt dans l’espace public. Aussitôt, les flics lâchèrent les derniers Gilets jaunes qu’ils tabassaient encore pour se ruer sur les Écossais. Dans les rues, les bureaux, les usines, dans les cafés, ce fut un carnage. Les pandores tombèrent sur ces malheureux et, sans ménagement, leurs arrachèrent leur kilt.
Horreur ! Car si on s’en doutait, on en n’était pas sûr, les Écossais ne portaient rien en dessous ! Le scandale fut pire encore. Les Écossais, vexés qu’on exhibe leurs cornemuses, se mirent à pleurer. Leurs sanglots émurent jusqu’à la reine d’Angleterre qui, après avoir vu les photos et consciente que le Royaume-Uni ne pouvait se passer de tels gaillards, les rapatria tous.

Dans un premier temps, il fut quelques Français pour s’en féliciter mais l’on ne tarda pas à s’apercevoir que le whisky aussi avait disparu de nos boutiques. Déjà, quelques années auparavant, pour une affaire presque similaire, on avait perdu nos couscous et nos kebabs. Aussi, chacun l’aura compris : quand les Mexicains sont arrivés avec la Paloma, la téquila et les tacos, on a tous fait mine de ne pas remarquer les sombreros ! Jacques Aubert

PS : À celles et ceux qui douteraient de la véracité de mon propos, je ne résiste pas au plaisir de l’illustrer par quelques photos que m’a transmises mon vieux frère et ami Patrice Antona.

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Classé dans Des mots et des maux, La minute de Jacquot, Sur le pavé

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