Aux éditions Divergences, Irène Bonnaud a publié Écrire contre le fascisme. Un ensemble de textes de Bertolt Brecht qui reprennent tout leur sens aujourd’hui. Entre poème, roman inachevé et discours pour « écrire la vérité », un recueil à lire par tout homme et femme épris de liberté.

Irène Bonnaud est une metteuse en scène de théâtre valeureuse, dûment reconnue – à juste titre – et une traductrice affirmée, du grec ancien, de l’anglais, de l’allemand. Elle vient de publier sa traduction de Mère Courage, de Bertolt Brecht (l’Arche), en même temps qu’un ouvrage important, compte tenu des temps que nous vivons. Il s’agit d’un recueil de textes de Brecht, rassemblés sous le titre Écrire contre le fascisme. C’est peu dire que l’œuvre et la figure de Brecht constituent un domaine de prédilection pour Irène Bonnaud. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2001, s’intitulait « Brecht, période américaine, 1941-1947 ». Sa présentation d’Écrire contre le fascisme est un modèle de perspicacité dialectique.

Elle suit, pas à pas, les étapes de la pensée de Brecht au fil des événements qui vont faire exploser la république de Weimar et qui conduiront ce « communiste sans carte », une fois les nazis au pouvoir et l’exil forcé, à sans répit « défendre l’attitude critique » contre « Hitler, nouvelle star du vieux théâtre ». On croise notamment au passage, dans la foule des noms cités au fil des nombreuses péripéties historiques traversées, Helene Weigel, Walter Benjamin, Karl Kraus, Karl Korsch, Klaus et Heinrich, respectivement le fils et le frère de Thomas Mann, qui osa dire : « L’Allemagne est là où je suis. »
Un livre pour tout antifasciste
Quant aux écrits proprement dits, par le poème rugueux sans merci, les fragments de textes, le projet de roman inachevé, les discours à côté de l’humanisme platonique des congrès d’écrivains, qui doivent « écrire la vérité », ils restent tous à graver dans le bronze. En bonne logique, tout antifasciste digne de ce nom doit s’emparer de ce livre. « Comment dire la vérité sur le fascisme dont on se déclare l’adversaire si on ne veut rien dire contre le capitalisme, qui l’engendre ? ».

Le hasard fait bien les choses. Au moment où l’on parle d’Irène Bonnaud, un couple d’acteurs de haut mérite, Martine Schambacher et François Chattot qui ont souvent œuvré en scène avec elle, accueilleront chez eux, les 08 et 09/11, le spectacle bouleversant de leur ami Jean-Louis Hourdin, Marianne – Le malheur innocent, consacré à sa jeune sœur disparue. Jean-Pierre Léonardini
Écrire contre le fascisme, Bertolt Brecht. Textes traduits et présentés par Irène Bonnaud (éditions Divergences, 180 p., 17€).

Marianne – Le malheur innocent, Jean-Louis Hourdin : le 08/11 à 17h et le 09/11 à 19h30. Martine Schambacher et François Chattot, 122 rue de Noisy-le-Sec, 93170 Bagnolet. Réservation impérative: SMS (06.60.32.42.31) ou schambacherm@gmail.com. Au « chapeau », pour participation aux frais de voyage et au verre de l’amitié.





